Et si on organisait un salon ?

 

Et si on organisait un salon ?

 

Drôle d’idée, me direz-vous… pas tant que ça quand, avec quelques passionnés, on a déjà créé une association pour promouvoir l’imaginaire dans la diversité de ses expressions et que dans cette optique, on a déjà lancé une revue qui démarre plutôt bien. Ce n’est au final qu’une étape de plus, non ? Sauf qu’organiser un salon n’est pas une petite affaire, qu’il faut une salle et une mise de fonds importante et aussi beaucoup beaucoup de temps libre disponible.

L’idée avait cependant été lancée, par qui, je ne m’en souviens plus, peut-être JP Fontana, mais je n’en suis pas sûre. Elle resta en suspend, jusqu’au jour ou Lilian est revenu en nous annonçant que la commune de Ménétrol mettait une salle à notre disposition et que madame la députée était prête à nous soutenir avec une générosité qui rendait tout de suite cette folle idée beaucoup plus concrète… c’est ainsi que sont nées les Aventuriales.

 

Organiser un salon, oui, mais dans quel but ?

Pas de nous faire des sous, non. Ça, c’est certain !

D’abord et avant tout, nous cherchons à promouvoir les littératures de l’imaginaire et ses différents acteurs : auteurs, illustrateurs et bien sûr petits éditeurs, avec une priorité donnée aux plus petits, ceux qui ont le plus de mal à trouver un espace pour s’exprimer, pour se faire connaître.

Par esprit militant nous voulions que notre salon soit gratuit pour tous, exposants et visiteurs et ce premier salon le fût. Cependant, il ne nous échappait pas qu’aussi généreuse que fût l’enveloppe de notre chère députée, elle ne suffirait pas. Quant à nos demandes de subventions ou de partenariats, elles se heurtaient au mieux à un scepticisme prudent au pire à une fin de non-recevoir. Qu’à cela ne tienne, nous ferions comme tant d’autres et lancerions notre première campagne de financement participative !

L’idée a plané quelque temps, avant que je ne prenne le taureau par les cornes. Pourquoi moi ? Parce qu’organiser une campagne ulule, c’est un boulot à plein temps, quelques contacts s’y étant frottés nous avaient prévenus de cet aspect. Sur le coup, on s’est tous dit comme vous sans doute d'ailleurs qu’ils exagéraient… Pas vraiment, non. Sur la dernière ligne droite de cette première campagne, j’ai fait un burn-out et notre petite équipe faillit voler en éclat.

La campagne n’était pas seule en cause : notre équipe était beaucoup trop petite et nous avions mis la barre très haute pour un premier salon. D’ailleurs à la veille du grand jour, nous étions tous épuisés, notre président parlait même de donner sa démission à la prochaine assemblée. Nous avions le sentiment d’avoir brassé beaucoup d’air pour pas grand-chose que malgré tous nos efforts, personne ne s’intéressait à notre projet, ne nous prenait au sérieux et que notre campagne de communication ne fonctionnait pas. La suite nous prouva que sur ce dernier point, au moins on se trompait : le public fut au rendez-vous et la fête réussie. Les Aventuriales, de projet irréaliste devenait un festival digne de ses aînés et de nos rêves les plus fous !

 

À peine cette première édition bouclée, nous envisagions la suivante…

En commençant par un bilan aussi complet que possible de nos réussites, mais aussi des difficultés rencontrées. Des solutions furent proposées, et mises en place. Il nous tardait de les expérimenter. Bref, repartie comme en quarante, la petite troupe. De plus, nous avions recruté des bonnes volontés, Axelle, Stéphanie et Perrine rejoignant l’aventure. Bref, nous étions gonflés à bloc ! Plus rien ne pouvait nous résister. Sauf que de la théorie à la pratique… vous connaissez l’adage.

Parmi les priorités, il fallait revoir le plan de salle et mieux maîtriser les inscriptions. Bien sûr, cela impliquait qu’on refuserait du monde, mais il était aussi nécessaire de pouvoir garantir à nos exposants des stands en rapport avec ce qu’ils amenaient. Ensuite, la communication ayant pas mal cafouillé, j’ai élaboré des dossiers d’inscriptions qui avaient pour but d’éviter de perdre des heures à récupérer des informations logistiques comme les adresses mail des auteurs. (y a toujours un truc qui ne va pas et devoir passer par leurs éditeurs pour vérifier une info sur leur fiche par exemple, ça peut devenir cornélien pour peu qu’il e situe pas où se trouve le problème. Sans compter que les éditeurs ont souvent autre chose à faire qu’à relayer une info qui ne les concerne pas directement.

 

J’avais tout pointé, tout ce qui m’avait fait perdre un temps précieux en peccadilles : les PDF dont la mise en page part en vrille au copier/coller, les photos incluses dans un doc impossible à extraire, les photos au format timbre-poste… Bref, cette année pas question de passer des heures à quémander des documents aux éditeurs.

 

J’avais créé trois documents types pour les préinscriptions, j’y avais consacré quelques heures, mais cela devait en sauver beaucoup. Les questions me semblaient claires, les directives aussi, mais j’ai appris à mes dépens que les éditeurs sont les rois de la lecture en diagonale !Sans compter ceux qui partent du principe que leur place leur est acquise et ne répond ent que sur les sujets qui les préoccupent. Ça ne part pas forcément d’un mauvais sentiment, mais quand on doit perdre une après-midi à rechercher des informations qu’on devrait avoir sous la main, c’est un peu rageant. Vu le nombre de dossiers d’inscription reçus, je ne regrette quand même pas d’avoir pris la peine élaboré ce document qu’il faudra cependant encore peaufiner.

 

Concernant la campagne ulule, je savais que ce serait dur. D’abord d’un point de vue personnel, ça tomberait mal en terme de calendrier. Pas question pourtant de laisser tomber l’association juste parce que j’avais aussi la promo d’un bouquin à assurer. Nous avons donc décidé de miser sur un premier palier moins élevé et renoncé à la totale gratuité des stands, la contribution réclamée restant toutefois très raisonnable. Il me faut préciser que les députés ne peuvent renouveler leur soutien d’une année sur l’autre et bien sûr notre liste d’invités, elle, ne pouvait que s’allonger… donc dans l’idéal, il nous faudrait atteindre le second palier. Bref, la somme récoltée l’an dernier.

 

Cette campagne Ulule sera ma dernière, je l’ai annoncé sur FB et je m’y tiendrai.

 

Parfois on devrait s’abstenir, dès le départ, je la sentais pas cette campagne. J’aurai dû refiler le bébé à quelqu’un d’autre ! Et bien sûr, dès la première marche, je me suis prise les pieds dans le tapis : je n’étais pas prête ni suffisamment disponible et pour couronner le tout, il est devenu de suite évident qu’on ne pouvait conduire cette campagne sur les mêmes bases que l’an dernier.

 

Je remercie d’ailleurs Perrine d’avoir tiré très tôt la sonnette d’alarme ? Une nouvelle « stratégie fut donc décidée à l’arrache alors que notre président était en vadrouille (ah, ces auteurs, toujours en vadrouille !) Sauf que miser sur notre programmation demandait d’accélérer sa mise en avant alors que certaines décisions restaient à prendre. Et me voilà repartie pour les exercices d’équilibristes, comme par exemple contacter des auteurs à l’arrache pour leur demander de diriger des tables rondes sans vraiment avoir le temps d’en discuter avec eux… Merci Jean-Claude, merci Jeanne-A pour votre enthousiasme.

 

Pour résumer, cette nouvelle campagne sans être aussi exténuante que la première m’a une nouvelle fois mis devant mes limites. Ça sera ma dernière, je n’en mènerai plus, même si j’en déplore les conséquences inévitables. Si j’ai appris une chose de la vie, c’est que si vous ne préservez pas votre santé, personne ne le fera pour vous.

 

Il n’est pas question que je quitte l’association, ni même l’organisation du salon, je veux juste pouvoir à nouveau consacrer le plus gros de mon temps à l’écriture. Mon premier bouquin reçoit un super chouette accueil et j’aimerai en profiter, j’aimerai terminer son petit frère qui n’avance pas beaucoup : cinq chapitres écrits en six mois, c’est dire ! Et derrière, j’ai plein d’autres projets qui mijotent.

 

Pour conclure, j’ajouterais que participer à l’organisation des Aventuriales est une des expériences les plus enrichissantes que j’ai vécues et que même si je ne me souviens plus exactement de qui est partie cette folle idée, je l’en remercie comme je remercie tous ceux qui de près ou de loin ont participé à sa réalisation.

 

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Commentaires : 1
  • #1

    Nathalie Bagadey (lundi, 20 juin 2016 12:43)

    C'est sûr que c'est un travail de titan, tout ça !
    En ce qui me concerne je suis très reconnaissante à tous les bénévoles (et à toi en particulier) de cette superbe aventure et qu'il me tarde de venir retirer ma bise dûe à l'accueil. ;)
    En tout cas, bravo pour ce palier atteint, c'est très beau, déjà. ♥