Luce Basseterre n’est pas mon nom, juste un pseudo, choisi en hommage à mon grand-père. Il s’appelait Lucien, les gens l’appelaient le père Luc, et moi, Papi Lu. En bon méditerranéen, il cultivait l’art de la lenteur et répétait à la manière de Fernand Sardou, que la terre était trop basse.

 

Si je suis une personne libre et heureuse, c’est à ce charpentier de marine, requalifié nounou à temps partiel pour mon seul bénéfice, que je le dois en grande partie. Ouvrier, il n’entretenait pas moins une rare érudition, s’intéressant à tout, aux faits comme aux choses. Il se plaisait à démonter, à creuser, à comprendre les causes, les mécanismes. Pour lui impossible d’apprécier une œuvre sans connaître son concepteur et les circonstances dont elle procédait. Il était intarissable bien que se considérant ignare ou au mieux comme un amateur. Au nombre des sujets de prédilections de cet insatiable autodidacte, on comptait Jules Vernes, Verdi, Chaplin, Jaurès, la Callas, Méliès ou encore Wagner. Avec lui, regarder un film, écouter un opéra ou aller à la pèche aux oursins, n’était jamais qu’un prélude. Le premier pas d’un voyage fabuleux qui débouchait sur mille et une explorations toutes plus extraordinaires. Avec lui j’ai appris que les hommes ne font rien sans raison, même si celle-ci nous est cachée ou inconnue. Il m’a appris à cultiver le doute, à me méfier des certitudes et à redouter ceux qui les assènent.

 

Née sous le soleil de Provence, c’est à Québec, dans la Belle Province que j’ai découvert la SF avec Star Trek. Une série qui avait la particularité d’envisager un futur positif à défaut d’être utopique. À l’époque, l’homme marchait sur la lune, rien ne pouvait plus l’arrêter, Mars ne pouvait être que la prochaine étape... Dès lors, mon esprit s’envola vers les étoiles en un voyage sans retour.

 

Ce n’est que sur le tard que je me suis mise à l’écriture, mais comme une acharnée. D’abord en produisant un chapelet de fanfictions. Elles sont ce qu’elles sont, je n’en ai pas honte. Comme beaucoup de jeunes auteurs, je me suis lancée dans une trilogie. La pauvre, après plusieurs remaniements, tente de se faire oublier. Un roman est déjà un voyage au long court, alors trois… je me suis donc ménagé des pauses sous forme de nouvelles. Ce format réduit permet d’expérimenter, de s’aventurer sur des territoires moins familiers et, chose qui n’est pas désagréable, de se faire publier. En 2012, Un Appétit de Loup, texte coquin, paraissait dans le fanzine Piment & Muscade. Plusieurs nouvelles ont suivi depuis, une douzaine à ce jour, sur des supports et chez des éditeurs divers.

 

Membre du collectif Cocyclic et de l’association Gandahar, mes loisirs passent dans la promotion des littératures de l’imaginaire et de la SF. Je participe à de nombreuses manifestations, surtout pour le plaisir, mais parfois au niveau de l’organisation comme pour les Aventuriales de Ménétrol. En 2015, j’ai imaginé et dirigé le n° 3 de la Revue Gandahar, consacré aux 24 heures de la Nouvelle, un événement internet annuel créé par Jérôme Cigut et Tesha Garisaki. à la fin de cette même année, mon ami Laurent Pendarias m’invitai à participer à son projet de Visual Novel.

 

Mai 2016, mon premier roman, Les Enfants du Passé, sort aux Éditions Voy'el et en avril 2017, La Débusquese de Mondes sort chez Le Peuple de Mu