1993, un gros coup de Cœur

 

 

Ma toute dernière lecture s’est révélée un véritable coup de cœur et il m’est impossible de résister à l’envie de le partager, d’autant que ce roman ne bénéficie pas d’une grosse visibilité. Il s’agit de 1993, Échappée Rouge de Marianne Stern, paru chez Voy’[el], une uchronie et un véritable thriller. L’ambiance est à la Guerre Froide, Gorbatchev a été renversé, la perestroïka est tombée aux oubliettes, le mur de Berlin sépare toujours les deux Allemagnes.

Cette histoire pourrait juste être une resucée nostalgique des romans d’espionnage à la Clancy, mais ce n’est pas le cas. Sous l’intrigue uchronique, et à travers la passivité dans laquelle les protagonistes sont enlisés jusqu’à l’inévitable confrontation, c’est à notre propre immobilisme qu’on est renvoyé : on nous ment, on nous trompe, on nous manipule et nous laissons faire…

 

Les personnages sont nombreux, austères parfois, mais superbement bien construits. En totale cohérence avec l’univers dans lequel ils doivent survivre. Pas de surhomme, pas d’idéaliste, juste des hommes et des femmes profondément humains. De ces héros ordinaires comme il en surgît souvent de la foule des anonymes, de ceux qui permettent à l’espoir de perdurer même au moment les plus sombres de notre histoire.

 

Ce qui, me semble-t-il, donne encore plus de force à ce roman, c’est l’absence de démonstration. L’action est resserrée au plus près des personnages, la tension n’en est que plus efficace. Nulle violence gratuite ne vient souligner le propos. Bien au contraire, elle reste pernicieuse et silencieuse. Elle engendre une crainte omniprésence, oppressante. L’écriture est précise, efficace. La narration ne s’égare à aucun moment, aucun temps mort ou de digression inutile. Le rythme reste tendu jusqu’au dénouement. Bref, une vraie lecture plaisir.

Le petit plus : des personnages féminins atypiques et forts

 

Contexte

 

En septembre 1993, la Guerre Froide est loin d'être terminée. Le règne de Mikhaï Gorbatchev qui promettait une issue à la crise s'est brusquement achevé en 1989, avec la prise de pouvoir de Sergei Miroslav. Sitôt ce dernier installé au Kremlin, le bloc Est se referme et le conflit menace de s'embraser à nouveau. Berlin est redevenu l'objet de toutes les convoitises ; dernier bastion en zone soviétique pour le clan occidental, épine dans le pied de l'URSS.

 

 

Bibliographie : Smog of Germania, aux éditions du Chat Noir

 

 


Écrire commentaire

Commentaires : 0